Pratiques photographiques
et protocoles

Gilles Bruni

Exposition
du 9 mai au 21 juin 2026
Vernissage
le samedi 9 mai 18h00-20h30
en présence de l’artiste
Ouvertures

SAMEDI & DIMANCHE 10H-12h30 / 16H-18h30
sur RDV : 06.64.84.06.01 / contact@hasy.fr

Exposition réalisée avec la collaboration du
Frac des Pays de la Loire et de l'Artothèque des Beaux-Arts de Nantes.

Gilles Bruni
Pratiques photographiques et protocoles

L’œuvre de Gilles Bruni s’inscrit dans une histoire élargie de la photographie qui, depuis les années 1960–1970, n’a cessé de déplacer ses propres conditions d’existence : de l’image comme empreinte vers l’image comme opération. À rebours d’une conception strictement représentationnelle, sa pratique engage la photographie comme un champ d’expérimentation où se rejouent les relations entre dispositif, geste et territoire.

A la période du binôme Bruni – Babarit, l’usage de la chambre photographique constitue à cet égard un point nodal. L’image projetée sur le verre dépoli n’y est pas seulement l’anticipation d’une prise de vue : elle agit comme un espace d’inscription temporaire, un seuil où s’élabore l’intervention. Le paysage n’est plus un motif à capturer, mais un site à activer, selon des modalités qui relèvent à la fois de l’observation, du déplacement et de la décision. Ce moment liminaire engage déjà le protocole, entendu non pas comme une contrainte formelle, mais comme une condition de possibilité du travail.

Dans la continuité de ces procédures, l’image numérique de repérage introduit un autre régime d’images, indexé à la mémoire et à l’archive. Elle participe d’une économie élargie de la pratique, où l’image circule entre statuts et fonctions hétérogènes : document, trace, outil, voire simple annotation visuelle. Ainsi se dessine une pensée de la photographie comme chaîne opératoire, où chaque image s’inscrit dans un réseau d’actions et de temporalités.

Depuis plus de trente-cinq ans, Gilles Bruni développe une œuvre attentive aux contextes et aux conditions de visibilité. Le recours au protocole y produit un effet de distance critique, déjouant toute immédiateté du regard. Il ne s’agit pas tant de stabiliser des formes que d’ouvrir des situations, d’introduire des écarts, de rendre perceptibles les modalités mêmes de l’expérience.

Réunissant des œuvres issues des collections du FRAC des Pays de la Loire, de l’artothèque des Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire, de collections privées, ainsi que des productions réalisées à l’occasion de l’exposition, ce projet met en évidence la cohérence d’une démarche où la photographie se pense indissociablement comme image, comme geste et comme processus.

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