Résidence
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Photographique
Isabelle Ha Eav
Résidence
d’avril à mai 2026
Exposition
du 4 juillet au 4 octobre 2026
Ouvertures
SAMEDI & DIMANCHE 10H-12h30 / 16H-18h30
sur RDV : 06.64.84.06.01 / contact@hasy.fr
Exposition de photographie
dans le bois du Pouliguen
du 27 juin au 27 septembre 2026
Camille Michel
Camille Michel
Biographie
Née en 1988, Camille Michel est une photographe diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles. Soucieuse de l’environnement, elle est engagée sur les questions écologiques et les régions polaires.
Elle a réalisé de nombreux reportages en Arctique et s’est spécialisée sur le Groenland, documentant la vie des communautés autochtones et leurs défis d’adaptation au monde moderne – changement climatique, pollution ou exploitation des ressources.
Elle met en lumière la vigilance de ces véritables sentinelles de la Terre à préserver l’équilibre entre l’homme et l’environnement.
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Inughuit – Gardiens des glaces
Le Groenland est souvent perçu comme une vaste étendue lointaine, blanche et vide. Il ne l’est pas. Depuis des millénaires, il est habité.
Au nord-ouest du Groenland vit une communauté de 700 âmes, les Inughuit, peuple autochtone le plus septen-trional du monde. Leur quotidien est rythmé par la mer, la glace et les saisons. La chasse et la pêche, essentielles à leur survie, y sont pratiquées dans un profond respect.
Témoins directs des changements climatiques, ils luttent pour préserver leur mode de vie millénaire et leur identité face à la réduction drastique de la banquise et à la transformation de leur milieu. Ils tentent de s’adapter avec ingéniosité tout en maintenant un fragile équilibre. Leur rapport intime à la nature fait d’eux des pionniers du développement durable, des symboles de l’harmonie possible entre un être humain responsable et son en-vironnement. Là où la banquise, glace de mer indispensable à la chasse et aux déplacements entre les villages, restait stable près de dix mois par an dans les années 1990, elle a aujourd’hui été réduite de moitié dans le Nord. La fonte accélérée bouleverse leurs pratiques, menace leur sécurité alimentaire, leurs moyens de subsistance et met en péril toute une culture.
Leur lutte est aussi politique. Le Groenland n’est pas un territoire sans voix : il est une communauté autonome au sein du Royaume du Danemark. Il dispose de son propre parlement depuis 1979 et décide lui-même de l’exploitation de ses ressources naturelles depuis 2009. Dans ce cadre, les Groenlandais ont décidé de construire leur indépendance de manière progressive et durable. Ils défendent un développement respectueux de l’envi-ronnement et refusent les projets miniers ou pétroliers jugés destructeurs pour leurs territoires, ainsi que la surexploitation de leurs terres et de leurs mers, défendant ainsi leur souveraineté.
Gardiens de la deuxième calotte glaciaire de la Terre, les Groenlandais se trouvent également au cœur d’enjeux qui dépassent largement leur territoire. La fonte de l’Inlandsis, calotte continentale du Groenland, influence directement le niveau des océans et le climat mondial : chaque année, cette calotte perd plusieurs centaines de milliards de tonnes de glace, accélérant l’élévation du niveau des océans. Protéger leur territoire, c’est protéger l’ensemble de la planète.
À l’échelle internationale, le Groenland est de plus en plus présenté comme un enjeu de « sécurité stratégique ». Derrière ce discours se cache une autre réalité : l’accès aux matières premières rendues exploitables par la fonte des glaces. Terres rares, minerais, ressources énergétiques et nouvelles routes maritimes attisent les convoitises des grandes puissances.
La disparition des glaces transforme ce territoire habité en zone d’intérêt majeur. Elle rend plus que jamais cruciale la protection des communautés et de leurs territoires fragiles face aux intérêts miniers, pétroliers et militaires. Cette situation illustre les tensions géopolitiques sur l’Arctique, un territoire devenu essentiel pour le monde entier.