AU BONHEUR DES BENNES

Photographe anonyme

Exposition du 10 octobre au 22 novembre 2026

Vernissage le samedi 10 octobre 18h00-20h30

SAMEDI & DIMANCHE - 10h00-12h30 / 16h00-18h30

sur RDV : 06.64.84.06.01 / contact@hasy.fr

Exposition réalisée dans le cadre de la Quinzaine photographique Nantaise et du bicentenaire de la photographie.

En 2023, une valise contenant un ensemble de négatifs, de plaques photographiques, d’autochromes, de Filmcolors et de vues stéréoscopiques a été abandonnée dans une déchèterie de la région de Saint-Nazaire. Par un concours de circonstances favorable, elle a été récupérée dans un conteneur pris en charge par la recyclerie nazairienne Au Bonheur des Bennes, échappant ainsi à une destruction définitive.

À l’occasion du bicentenaire de la photographie, le Centre photographique HASY a engagé, durant l’été 2026, un programme de conservation préventive comprenant le nettoyage des supports, leur documentation et leur numérisation. Ce travail d'inventaire et d'analyse a permis de distinguer deux ensembles documentaires. Le premier est constitué exclusivement de plaques photographiques stéréoscopiques, dont la production peut être située autour des années 1890 - 1914. Le second, quantitativement plus important, rassemble des images réalisées principalement au cours des années 1930.

Présentée au Centre photographique HASY dans le cadre du Festival QPN, l’exposition propose une sélection de ces documents, articulée autour de plusieurs ensembles thématiques mettant en évidence les usages sociaux et les pratiques amateurs de la photographie au cours de la première moitié du XXᵉ siècle.

Le premier corpus témoigne de l'appropriation du dispositif stéréoscopique par ses opérateurs. Au-delà de sa vocation documentaire, la photographie y devient le support d'expérimentations visuelles fondées sur la mise en scène, le jeu avec les corps, l'illusion et le comique. Ces images illustrent la manière dont les photographes amateurs investissent les potentialités narratives et performatives du médium.

Le second ensemble offre un aperçu plus intime de l'univers social de son auteur. Il réunit notamment plusieurs portraits d'une jeune femme, vraisemblablement proche du photographe, dont l'identité demeure inconnue. Ces images côtoient des scènes de loisirs et de pratiques sportives alors réservées aux catégories sociales les plus favorisées, telles que le ski ou le ski nautique, ainsi que des photographies réalisées lors de déplacements au Pouliguen, à Davos et dans plusieurs villes du Maroc et de l'Algérie. L'ensemble constitue ainsi un témoignage précieux sur les pratiques de mobilité, les sociabilités et les formes de représentation de soi au sein d'une bourgeoisie cultivée durant l'entre-deux-guerres.

La redécouverte fortuite d'archives photographiques promises à la disparition s'inscrit dans une histoire désormais bien documentée de la valorisation de fonds anonymes ou longtemps demeurés invisibles. Les cas de Vivian Maier ou de la « valise mexicaine » en constituent les exemples les plus connus. Le présent ensemble se distingue toutefois par son caractère résolument ordinaire. Son intérêt ne réside pas dans l'identité de son auteur, mais dans la richesse documentaire des images, qui rendent perceptibles les pratiques visuelles, les loisirs, les déplacements et les représentations d'un milieu social privilégié. En cela, ce fonds participe à une histoire culturelle de la photographie amateur, tout en rappelant la fragilité du patrimoine photographique vernaculaire et l'importance des opérations de sauvegarde, de documentation et de diffusion qui en assurent aujourd'hui la transmission.

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