a room for the night ©A_Yudzon.jpg

A ROOM FOR THE NIGHT

Alex Yudzon
Robin Lopvet

 

Exposition du 18 mars au 23 avril 2017

A ROOM FOR THE NIGHT

Alex Yudzon

En général, les chambres d’hôtel sont des lieux étranges, chargés à la fois de solitude et de désir sexuel. Ce sont des foyers loin du foyer. Toutefois, ils n’offrent pas le soulagement du vrai chez soi et, en fin de compte, n’appartiennent à personne. Ce double aspect du voyage, le besoin à la fois du familier et de l’étranger, est au cœur de la série “A Room for the Night“.

En me rendant dans une série d’hôtels de par le monde, je crée et photographie des sculptures éphémères que j’assemble avec les meubles et objets que je trouve dans chaque chambre. Le mobilier est entassé, incliné et mis en équilibre dans des configurations qui sont tour à tour suggestives, absurdes et poignantes. Une fois que ces “sculptures“ ont été photographiées, la chambre est remise dans son état d’origine. Les images qui en résultent associent une rigueur formelle avec un mélange surréaliste d’humour et de sous-entendus sexuels. Elles examinent notre tentative de personnaliser le générique, la solitude et le décalage qui accompagnent notre vie sur la route. 

Cette exposition est réalisée en partenariat avec :la Galerie Le Magasin de Jouets (Arles)  

VOYAGE VOYAGE VOYAGE
Robin Lopvet

"Voyage Voyage Voyage est un travail vidéo expérimental, qui utilise les outils de retouche numérique pour créer une animation image par image. Des photographies et des images de peintures de paysages classiques issues d’internet se désagrègent pour se refondrent les unes dans les autres, tandis qu’une voix monocorde énumère des titres du catalogue Gallimard sur la partie instrumentale du tube Voyage, Voyage de la chanteuse Desireless. Par le travail de collage et de montage, la rencontre entre images (plus ou moins iconiques), mots énoncés (littérature française réduite à ses titres), et musique (boucle 80’s au synthétiseur) confère à cette oeuvre multmedia, une poésie empreinte de kitsch et d’une certaine mélancolie... car c’est toute une part de la culture française et occidentale d’avant le second millénaire qui est ici revisitée.
Pour rejoindre le Panthéon du web, les chefs-d’oeuvre de la peinture ont été dématérialisés. Ils y ont perdu leur statut d’oeuvre unique qui les distinguait jusqu’alors de leur reproduction en photographie, et par la même occasion, leur statut d’oeuvre physique, les reléguant au même rang qu’une image triviale.
Sans hiérarchie ni déférence, Robin Lopvet glane tous types d’images de paysage sur internet et les anime pour en faire un “remix”; elles s’effacent, se recouvrent et se reconstruisent dans une danse organique et jubilatoire. Comme la chanson Voyage,Voyage, elles sont devenues des refrains entêtants, dont on aurait perdu les références, comme ces mots dépossédés de leurs ouvrages et recyclés en une longue tirade oulipienne. Dérive de la consommation de produits cuturels, Robin Lopvet rend paradoxalement hommage à ces images désincarnées.
Plus d’ histoire, plus d’auteur, plus de sacralité. Voyage, Voyage,Voyage, voyage à l’intérieur d’une culture banalisée, version upgradée du désir d’évasion, une ritournelle infinie."

Émilie Traverse

"Une vidéo de Robin Lopvet qui joue la carte de la reprise portée à saturation. L’entremêlement des références les défait de leur réalité : sur la bande-son de Voyage Voyage (Desireless) une voix monocorde égrène les titres d’ouvrages du catalogue Gallimard alors que les références aux tableaux qui peuplent les imaginaires collectifs s’entrechoquent. Les ambiances – souvent rurales – sont méconnaissables une fois prises dans ce nouveau flux qui les enchaîne et morcelle les représentations. Il nous parle de l’accumulation de stimuli visuels et narratifs. Les hiérarchies s’effacent dans le nivellement des informations et la circulation favorisée des images. Répertoire vernaculaire et muséal sont placés – littéralement – sur un même plan.
L’artiste français né en 1990 a retravaillé grossièrement ces tableaux trouvés avec des systèmes de remontages, de copier-coller rapide et d’images intriquées, dans une esthétique qui manie les contrastes. Les aplats de couleurs primaires faussées par le logiciel de retouche s’affrontent aux nuances plus ou moins perceptibles dans les tableaux choisis. Allusion à la méthode des ciels rapportés de Gustave Le Gray, il efface, décontextualise, réintroduit les acteurs dans d’autres environnements. Le fond de transparence crée des petits carrés rythmés où les silhouettes des personnages se découpent. Dans cet océan de représentations, Robin Lopvet déplace les montagnes et les mers. Emprunté à la tradition picturale, ce genre académique impliquait jadis la prise en compte de codes déterminés allant jusqu’à donner son nom à un format horizontal particulier."

Muriel Berthou Crestey dans son billet du 04/12/2017 sur l'exposition France Augmentée à la galerie Binôme

Précédent
Précédent

LES VAGUES - Hélène Benzacar

Suivant
Suivant

21st CENTURY STILL LIFE - Vilma Pimenoff